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Ces 5 pensées qui vous empêchent de surmonter votre aménorrhée hypothalamique

Ecrit par 6 décembre 2018 4 commentaires

Même si vous mettez tout en oeuvre pour retrouver vos cycles menstruels, votre façon de pensée peut être un des facteurs qui ralentit le processus.
Tout d’abord, si vous n’êtes pas totalement convaincue de vouloir surmonter cette aménorrhée hypothalamique (AH) ou même d’essayer de retrouver vos règles, je vous invite à lire cet article en espérant qu’il sème des graines et vous encourage à sauter le pas!

Les changements sont difficiles. Le cerveau humain y est réfractaire.

Vous êtes peut-être addict à l’exercice physique et à un “mode de vie sain” comme je l’ai été. Et ici, je fais exprès de mettre des guillemets car ce mode de vie était loin d’être sain avec le recul.
Comme je l’ai constaté, les actions que j’ai dû mettre en place pour retrouver mes règles (et ma santé et ma vie) ont été particulièrement difficiles à admettre et à mettre en place. Elles étaient simples sur le papier mais en pratique, c’était tout autre chose…

Nous sommes sans cesse obsédée par notre apparence consciemment ou inconsciemment. Nous devons paraître devant les autres. Nous avons peur de les décevoir, de ne plus être assez bien à leur yeux, d’être critiquée et jugée.

“Et si je prenais du poids?”Une femme se demandant si les bienfaits du processus pour combattre l'aménorrhée hypothalamique sont réels

“Qui vais-je devenir?”

“Qui serai-je au final?”

C’est pourquoi nous tournons et retournons le problème dans notre tête. Nous essayons de trouver d’autres solutions que de manger plus, d’arrêter le sport et de prendre du poids parce que pour nous, ce n’est pas envisageable.
Nous pensons que nous sommes différentes et qu’il y a forcément un autre remède pour nous. Nous résistons à l’idée de ce plan qui ne nous convient pas à première vue.

Mais d’après ma propre expérience, les nombreuses conversations que j’ai pu avoir avec les femmes qui sont passées par là et qui ont elles aussi retrouvé leurs règles, c’est le seul processus qui marche. Il est simple mais difficile à mettre en pratique au quotidien et sur le long terme tellement nous avons été habituées à penser et donc à agir de manière cadrée, rigide et en apparence bon pour nous.

Et si vous essayiez vous aussi? Donnez vous cette chance. Tentez. Soyez curieuse.

La plupart des femmes qui ont une aménorrhée hypothalamique sont très perfectionnistes, elles veulent tout contrôler et ne perdent pas une occasion de se dépasser. Ce sont de grandes qualités, c’est indéniable. Mais lorsque celles-ci empiètent sur nos relations, notre couple, notre travail et notre santé, il y a un souci.

Je l’ai été perfectionniste:montre avec chronomètre

  • Mangez à telle heure même si notre ventre gargouille depuis plus d’une heure
  • Courir X minutes (ou heures) et toujours plus si possible parce que plus c’est toujours mieux. Toujours se dépasser
  • Prendre les repas les plus sains possibles et surtout pas de trucs sucrés ou/et gras “mauvais pour la santé”

Avec tout cela bien ancré dans notre routine, il est difficile de lâcher prise et de laisser notre corps nous montrer la voie. Même si nous acceptons de gagner ne serait-ce qu’un peu de poids, nous luttons toujours contre des croyances limitantes sous-jacentes.

Poursuivons la discussion…

1. Se baser sur le poids que vous faisiez lorsque vous aviez vos cycles menstruels

Lorsque que vous aviez 16, 18 ou même 20 ans et que vous n’étiez pas en aménorrhée, votre poids était très probablement inférieur à celui que vous faites maintenant. Vous avez entamé le processus et vous avez repris un un peu de poids voire votre poids “d’avant”. Il vous semble donc illogique de reprendre du poids parce que vous pensez que cela ne servirait à rien. Vous aviez vos règles à ce poids là, pourquoi le dépasser?
Mais il s’avère que notre corps change au fil des années et que l’âge aidant la plupart des femmes ont besoin de prendre du poids pour avoir des cycles menstruels réguliers.

De plus, le travail, la vie de famille et les responsabilités de la vie adulte engendrent un stress que vous n’aviez certainement pas lorsque vous étiez adolescentes. Cette vie était encore remplie d’insouciance et de spontanéité. Vous n’aviez pas à payer un loyer à la fin du mois ou à devoir supporter un chef qui exige une présentation pour hier. C’était assez facile comparativement.

Enfin peut-être qu’à cette époque vous pratiquiez un sport simplement pour le fun et non dans le but de brûler des calories ou de compenser pour un déjeuner entre amis “un peu trop riche”.manger à sa faim et davantage est très important quand on souhaite retrouver ses règles

Vous mangiez aussi plus librement sans vous prendre la tête avec les macros, les lipides, les glucides… Vous aviez envie d’un pain au chocolat au goûter, vous le dégustiez en rigolant avec vos copines ou bien en racontant votre journée à vos parents.

Vous n’aviez pas cette alarme dans votre tête qui vous disait “Et paf! tout dans les hanches” ou “Ok je craque mais demain c’est 2h de tapis de course”.

En résumé, nous étions moins exigeantes avec nous-même et nous nous mettions beaucoup moins la pression physiquement, mentalement et émotionnellement.

Les variations de poids et les restrictions imposées par les régimes restrictifs ont également un impact sur ce besoin du corps d’être à un poids plus élevé pour se sentir en sécurité. Il a une mémoire.

Personnellement, je pèse bien plus maintenant qu’il y a dix ans avant que je ne perde mes cycles. Ca me va très bien et je souhaite que vous parveniez vous aussi à cette sérénité corporelle et mentale.

2. S’autoriser à atteindre un certain poids et ne surtout pas le dépasser

Vous vous dites peut-être après de longues négociations avec vous-même:

Ok, je veux bien prendre du poids mais j’irai seulement jusqu’à un IMC de X parce que sinon ce sera beaucoup trop. Je ne serais pas en bonne santé de toute façon, c’est ma limite”

Vous permettre de gagner seulement X kilos va automatiquement créer un blocage mental.

Vous vous demandez si vous êtes prête à changer votre mode de vie pour retrouver vos règlesQue va-t-il se passer si vous parvenez à atteindre ce poids et qu’il n’y a toujours rien à l’horizon menstruement parlant? Frustrations, questionnements, remise en cause du processus et probablement un nouveau régime derrière la tête pour reperdre tout ce poids.

De plus, au fur et à mesure du processus, se fixer sur cet IMC limite va devenir obsessionnel. Vous allez le voir arriver avec ses grand sabots en vous pesant tous les jours. Cela va vous déprimer, causer davantage de stress et diminuer vos chances de voir votre hypothalamus se réveiller.

Oubliez les limites, les chiffres et les suppositions. Votre corps se fiche de tout cela. Il sait mieux que quiconque ce qui est bon pour vous. Mettez-vous en pilote automatique et continuez ce que vous faisiez très bien jusqu’à maintenant: manger et vous reposer.

3. Monter sur la balance

Plus vous allez voir l’aiguille de la balance pencher vers la droite, plus cette petite voix interne va paniquer. Ce stress va grandir et s’accumuler aux autres petits stress de la vie. Et vous savez maintenant que le stress est l’un des facteurs qui entraîne l’arrêt des règles.

Débarrassez vous de cet instrument inutile. Jetez-le.

Votre stress diminuera parce que vous serez libérée de ce chiffre qui ne vous aidera en rien.

Je ne me suis jamais pesée tout au long de ce processus pour surmonter mon aménorrhée hypothalamique. Je pense que cela m’a permis de lâcher prise plus facilement et de me libérer plus d’espace mental pour me focaliser sur d’autres aspects plus importants de ma vie.

Vous savez ce qui vous reste à faire maintenant? Prendre un marteau et casser votre balance. Ce sera très libérateur!

4. Se comparer aux autres femmes

Je sais que cet aspect revient très souvent. Il est toujours dans un coin de votre tête.
Vous avez décidé de prendre votre santé en main en voulant retrouver vos règles. Le processus n’est déjà pas évident en soi et voilà que vous avez vos amis qui vont courir, qui vont à la salle de sport et qui enchaînent les séances de crossfit!
Ils deviennent tous super fit, ils progressent et vous, vous êtes là à ne rien faire et à grossir.
Vous en venez même à détester ces nanas qui sont tellement minces, souriantes et qui paraissent tellement en bonne santé, n’est-ce pas? Ca a été mon cas en tout cas.

Mais nous sommes toutes différentes. Je ne le répéterai jamais assez.

Prenons cela sous un angle différent: disons que vous avez une peau très claire qui chopent des coups de soleil très facilement. C’est embêtant parce que vous voulez avoir ce teint bronzé et ne pas ressembler à une ampoule sur pattes. Et il y a votre amie Lydia qui peut rester au soleil toute la journée sans crème solaire et conserver son joli bronzage toute l’année. Facile.

Cela vaut-il la peine de pester contre peau qui ne bronze pas et être jalouse de Lydia ?

Notre couleur de peau et la façon dont elle réagit au soleil est définie génétiquement. De la même façon nous avons notre poids de forme définit génétiquement et qui varie dans une certaine mesure.

A quoi cela sert d’utiliser votre énergie mentale à vouloir changer quelque chose sur lequel vous n’avez aucun pouvoir (contrairement à ce que l’on nous fait croire).

Votre poids, votre masse grasse et votre système hormonal fonctionnent en symbiose et tous ces paramètres sont “imposés” par votre génétique pour vous maintenir en bonne santé.

Pourquoi vouloir lutter contre?

5. Douter de l’efficacité du processus

J’ai eu une aménorrhée hypothalamique pendant 10 ans. Et avant de me dire que mes cycles menstruels faisaient partie intégrante de ma santé, je n’avais pas réalisé l’importance du problème et des conséquences sur ma santé. Quand j’ai commencé mes recherches sur l’aménorrhée hypothalamique, cela m’a vraiment ouvert les yeux. On n’insiste pas assez là-dessus mais avoir ses menstruations est crucial pour nous les femmes en dehors d’être fertile.

Lorsque vous stressez à l’idée de prendre du poids, que vous devenez vraiment anxieuse et que tout cela devient obsessionnel, vous avez juste envie de vous enfuir, de vous cacher et de prier pour que cela s’arrête enfin.

Ou bien, il y a cet irrépressible appel du désespoir qui vous dit de refaire du sport pour oublier tout cela, de manger bien sainement/parfaitement comme avant et de reperdre tout le poids déjà gagné.

Tout cela parce que c’est inconfortable et que vous ne vous sentez plus vous-même.

Lorsque cela vous attrape dans ces mauvais jours, vous devez vous rappelez de votre pourquoi. 

Pourquoi je fais tous ces efforts. Pourquoi j’accepte ces inconforts. Pourquoi je ne lâcherai pas.

Quel est votre pourquoi?

Si vous désirez un bébé plus que tout, je pense que je n’ai pas besoin de vous convaincre. Pas d’ovulation, pas de possibilités qu’un oeuf soit fécondé et donc pas de bébé.

Si le fait d’être enceinte n’est pas votre pourquoi fort, il y a énormément de raisons qui peuvent vous motiver à surmonter cette aménorrhée hypothalamique.
Le processus de guérison est simple en soi mais il n’est pas facile car c’est un saut dans l’inconnu, un changement de comportements et de façon de penser dont le cerveau a horreur. Mais, prenez du recul et regardez devant vous. Cette future vous en pleine santé et libre est à portée de main.

Et pour illustrer cela, j’adore la citation de Jim Rohn:

“Prenez soin de votre corps, c’est le seul endroit où vous êtes obligé de vivre”

C’est aussi clair et simple que ça. Nous ne pouvons pas en changer ou en louer un autre alors autant entretenir une belle maison dont le chauffage fonctionne bien et dont la charpente est solide, vous ne pensez pas?
Surmonter cette aménorrhée hypothalamique et donc tout faire pour retrouver vos règles, c’est vous assurer des os forts. Vous casser une hanche ou une cheville rien qu’en descendant les escaliers un peu rapidement n’est probablement pas dans vos plans et personne n’a envie de cela.

De plus, les femmes avec une aménorrhée hypothalamique prolongée ont montré une athérosclérose plus fréquente que celles qui avaient leurs cycles menstruels (l’athérosclérose étant une perte d’élasticité des artères. Le coeur doit travailler davantage pour faire circuler le sang et se fatigue donc beaucoup plus).
Enfin, une absence d’oestrogènes sur le long terme est aussi liée à des risques plus importants de démence ainsi qu’aux maladies de Parkinson et d’Alzheimer.

Je ne voulais pas tous ces problèmes et vous non plus très certainement.

Conclusion

Le message de cet article est en aucun cas de générer davantage de stress. Le sujet de l’aménorrhée hypothalamique et son processus de guérison étant déjà assez difficile à appréhender.
Mon but est, au contraire, de vous encourager à lâcher prise et de vous aider à atténuer au maximum ce stress mental qui prend tant de place dans votre tête.

Le corps est tellement intelligent. Laissez le faire ce qu’il à faire.

Il vous fera savoir lorsqu’il sera de nouveau en confiance, heureux et en pleine santé. Vos règles sont à portée de main, croyez-le fort.

Toutes ces pensées tournent dans votre tête? Vous souhaitez retrouver vos règles mais vous ne savez par où commencer? Je serai ravie que l’on discute de tout cela tranquillement lors d’un appel.

Join the discussion 4 commentaires

  • Kathy Grangier dit :

    Milles merci merci
    Je me reconnais c est MOI et ceci mon secret douloureux non partagé qui me ronge
    Je suis bigorexique et aménorrhée depuis mes 21ans et j ai 37 and
    Seule sans rien sauf sport et résultats de tout cela

    • Tatiana dit :

      Bonjour Kathy, avec plaisir pour cet article et je suis ravie qu’il est résonné en vous. C’est quelque chose dont on parle très peu effectivement car c’est un sujet encore tabou, insidieux et invisible. Beaucoup de femmes comme vous sont concernées si cela peut vous rassurer. Cela devient leur quotidien. Ces restrictions et cette façon de penser sont comme admises sans prendre de recul (et renforcées aussi par les messages véhiculés par les médias). Vous en avez déjà conscience et c’est déjà un grand pas en avant. Cela prend du temps de déprogrammer nos habitudes et notre cerveau mais cela en vaut vraiment la peine. Je suis avec vous. On en parle avec plaisir!

  • Katarina77310 dit :

    Je me reconnais tellement dans cet article. Et malgré ça accepter de ne rien faire, de manger plus et in fine de reprendre du poids est si dur. J’essaye de lâcher prise mais depuis que j’ai arrêté complètement le sport et me suis résolue à manger plus et surtout des produits industriels qui me font si peur, j’ai l’impression d’être 100 fois plus affamée qu’avant. Je mange sans jamais arriver à satiété et cela finit par me faire peur. Je ne veux plus être dans le contrôle de ma guérison, mais je ne veux pas non plus glisser dans une autre voie que serait la boulimie. Est-ce que cette période de faim et d’envie de manger permanente est commune ?
    En tout cas, ces articles ont vraiment résonné en moi, merci beaucoup !

    • Tatiana dit :

      Je suis ravie que ces articles te parlent et t’aident dans ton cheminement vers la guérison. Tout le travail que tu fais en ce moment est vraiment super. Sois en fière. Tu fais face à tes peurs, c’est fatigant parfois mais sache qu’elles se dissipent avec le temps. A partir du moment où tu ne juges plus ce que tu manges que ce soit en quantité ou en qualité, à partir du moment où tu ne te restreins plus que ce soit mentalement ou physiquement, il n’y a aucune raison que tu tombes dans la boulimie. Cette faim extrême est complètement normale. Ton corps en a besoin. Mais surtout ne te restreins pas, sois patiente et bienveillante avec toi-même. Tout va se mettre en place progressivement. Donne-toi du temps. Je te souhaite bon courage et je suis certaine que tu vas y arriver à vivre cette vie libre qui te correspond!

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